Un an de rencontres et de manifestations

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Echanges avec une délégation du Conseil Départemental 54 sur les enjeux du co-développement dans la Grande Région: 16 juillet Bureaux de l’IGR Metz

 

 

  • Echanges avec le Directeur Général des Services de l’Eurodistrict Pamina:      

          5 juillet 2019 Bureaux de l’IGR Metz

 

  • Assemblée Générale du réseau RE@GIR (Réunir, Entreprendre, AGir en Inter Réseau.) : 5 juin 2019  Espace Cormontaigne Yutz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6e Forum Grande Région UNI GR Center for Border Studies « Défis actuels du développement territorial dans la Grande Région : une vision d’avenir transfrontalière permettra-t-elle d’y faire face ?»

21 octobre 2020 – Webforum

 

Le secrétaire général de l’IGR à participé à ce Forum en ligne dont la modération des échanges était assurée par Kirsten Mangels (Géographe Université technique de Kaiserslautern Département de développement régional et d’aménagement du territoire)

Problématique

Le contexte transfrontalier implique un important besoin de concertations en matière de développement territorial lié à la dynamique économique, écologique et sociale. Le 16 janvier 2020, les ministres compétents de l’aménagement du territoire de la Grande Région ont adopté au cours de leur sixième conférence une vision prospective transfrontalière pour la Grande Région et défini dans ce cadre tant une ligne directrice que des objectifs principaux pour le domaine de l’aménagement du territoire. La stratégie opérationnelle qui viendra compléter et mettra en œuvre cette vision d’avenir est développée en ce moment voire presque achevée. De nombreux acteurs issus de la Grande Région ont déjà conçu des projets pilotes, formulé des idées de projet et envisagé des actions.

Ce Forum propose aux représentant.e.s des mondes scientifique, politique et issu.e.s de la pratique d’échanger sur la meilleure façon de mettre en œuvre cette vision prospective dans les différents versants de la Grande Région.

  • Eléments de l’intervention de Fréderic Durand (Géographe LISER Luxembourg)

« Les défis actuels de l’aménagement du territoire transfrontalier »

Le contexte du développement territorial transfrontalier en Europe

  • La construction de l’Union Européenne (union politique et économique unique en son genre) ;
  • L’ouverture des frontières et le développement des pratiques transfrontalières ;
  • L’émergence de nouveaux besoins qui requièrent une organisation plus cohérente de l’espace (qui implique une plus grande coordination des acteurs).

Qu’entend on par « l’aménagement du territoire transfrontalier » ?

  • Cela fait référence à la volonté d’organiser conjointement le développement territorial et l’utilisation de part et d’autre de la frontière
  • Il existe des pluralités de pratiques d’aménagement du territoire transfrontalier dont les 4 principales initiatives sont :
    • le mise en réseau des acteurs ;
    • l’observation de l’espace transfrontalier (ex : Système d’Information Géographique) ;
    • l’élaboration d’une stratégie territoriale ;
    • la mise en œuvre d’actions concrètes.

Principaux obstacles rencontrés dans l’aménagement du territoire transfrontalier

Schéma théorique de la planification territoriale transfrontalière en Europe

Les obstacles sont de natures diverses et peuvent se cumuler :

  • institutionnels (organisation étatique, répartition des compétences selon les niveaux administratifs) ;
  • juridiques (problème de compatibilités des règles, absence de cadre à l’échelle transfrontalière) ;
  • techniques (outils de planification non harmonisés/coordonnés, interopérabilité des systèmes informatiques, absence de financements) ;
  • culturels (langues, cultures de planification, méthodes de travail) ;
  • politiques (divergences des visions stratégiques, des priorités politiques de chaque territoire, prégnance des priorités nationales) ;
  • fiscaux (différentiel entre les taxations) ;
  • relationnels (qualité des relations interpersonnelles, niveau de confiance entre les acteurs, intérêt des acteurs pour l’échelle transfrontalière).

Quelques spécificités de l’aménagement du territoire transfrontalier

  • temporalités divergentes de part et d’autre de la frontière ;
  • efficacité de la coopération : entre consensus et désillusion ;
  • paradoxe entre des acteurs engagés qui défendent les intérêts nationaux et la nécessité « transfrontalière » ;
  • Un processus complexe qui se décline sur le temps long, itératif et multiscalaire.

Synthèse du diagnostic du Schéma de Développement Territorial de la Grande Région

  • disparités démographiques entre les territoires ;
  • vieillissement structurel de la population ;
  • différentiels en termes d’emploi ;
  • forte saturation des voies de communication ;
  • spécialisation fonctionnelle de l’espace (déséquilibres) ;
  • inégalités socioéconomiques ;
  • fortes interdépendances territoriales ;
  • forte pression sur les sols (imperméabilisation).

En conclusion

  • les actions ont tendance à se concentrer sur des domaines « consensuels » ;
  • il est indispensable de définir un nouveau paradigme : celui du développement durable ;
  • le bassin de vie transfrontalier est une échelle pertinente de mise en œuvre des projets.
  • Eléments de l’intervention de Karina Pallagst (Géographe Université technique de Kaiserslautern Département Systèmes de planification internationale)

« L’UNI GR Center for Border Studies et le Schéma de Développement Territorial de la Grande Région »

  • L’UniGR-Center for Border Studies (UniGR-CBS) est un réseau transfrontalier et thématique qui réunit environ 80 chercheur.e.s des universités membres de l’Université de la Grande Région (UniGR) spécialistes des études sur les frontières, leurs significations et enjeux. Grâce à sa position géographique au « cœur de l’Europe », à sa capacité d’expertise et à la diversité des disciplines participantes, l’UniGR-CBS revêt tous les atouts d’un réseau d’excellence européen.
  • L’UniGR-CBS bénéficie d’un financement d’environ 2 M € FEDER pendant trois ans dans le cadre du programme INTERREG VA Grande Région pour mettre en place un Centre européen de ressources et de compétences en études sur les frontières. Via ce projet transfrontalier, le réseau scientifique UniGR-CBS créera des outils de recherche harmonisés. Il œuvre en outre à l’ancrage des Border Studies dans l’enseignement, développe le dialogue entre le monde scientifique et les acteurs institutionnels autour d’enjeux transfrontaliers et apporte son expertise à la stratégie de développement territorial de la Grande Région.
  • Les Border Studies sont une discipline scientifique instaurée au niveau européen et international qui a pour objet l’étude de la rapide modification des frontières et la nécessité d’étudier son importance socioéconomique et socioculturelle.
  • Le projet UniGR-CBS a été conçu pour élargir et structurer la diversité des compétences scientifiques préexistantes dans ce domaine dans les universités de la Grande Région : La coopération déjà bien établie entre les chercheur.e.s des six universités-membres de l’Université de la Grande Région (UniGR) est appelée à être étendue pour créer un centre multidisciplinaire de compétences et de connaissances scientifiques de portée internationale. De cette manière, les conditions-cadres de la coopération scientifique seront créées de manière appropriée et durable.
  • Le Centre européen de compétences et de connaissances pour la recherche des zones frontalières s’articule autour des axes suivants : Recherche, mobilité, enseignement, société et territoire. Des capacités de recherche sont mises en commun grâce à la coopération transfrontalière et à la création d’infrastructures de recherche communes comme le centre de documentation numérique ou le glossaire Border Studies. Des initiatives visant à augmenter et à simplifier la mobilité et l’échange entre des scientifiques, telles que la chaire en Border Studies de l’UniGR-CBS- y contribuent. Les études transfrontalières sont simplifiées et rendues plus attractives grâce au développement de méthodes innovantes d’apprentissage et d’enseignement à distance. Elles sont d’abord expérimentées dans le cadre du Master en Border Studies (études sur les frontières) qui a déjà été initié par quatre universités de l’UniGR et qui a démarré en septembre 2017.
  • L’un des principaux objectifs reste le développement du dialogue entre des scientifiques et des acteurs institutionnels et socio-économiques de la Grande Région. Cela correspond aux attentes des acteurs socio-économiques qui ont évoqué la mise en place d’un «Centre pour la recherche des zones frontalières», par exemple dans la » vision prospective transfrontalière pour la Grande Région » dans le cadre de l’élaboration du Schéma de Développement Territorial de la Grande Région. Finalement, les opérateurs du projet participent à l’élaboration du schéma de développement territorial de la Grande Région (SDT-GR) qui est élaboré par le comité de coordination du développement territorial (CCDT).

  • Eléments de l’intervention de Marie-Josée Vidal (Ministère de l’Energie et de l’Aménagement du Territoire Grand-duché de Luxembourg – Département de l’Aménagement du Territoire – Conseillère de Gouvernement 1ère classe Coordinatrice Générale)

 

« Le concept d’aménagement du territoire transfrontalier : présentation du Schéma de Développement Territorial de la Grande Région » 

En préambule, Marie-Josée Vidal :

  • confirme que l’aménagement du territoire transfrontalier prend effectivement du temps (l’étude Metroborder à l’origine du concept de Région Métropolitaine Polycentrique Transfrontalière en Grande Région remonte à 2008) ;
  • souligne que dans cette démarche, le processus est aussi important que le résultat ;
  • évoque un autre projet INTERREG V A en lien avec le SDT GR : le projet MMUST (Modèle MUltimodal et Scénarios de mobilité Transfrontaliers) de modélisation et de simulation des déplacements à l’échelle de la Grande Région. Son utilisation permettra d’améliorer le quotidien des frontaliers en aidant les décideurs et les autorités à organiser efficacement la mobilité des personnes et des marchandises

Depuis 2009, suite à l’étude Metroborder, la Grande Région s’est dotée d’une stratégie de développement métropolitain à travers le concept de la région métropolitaine polycentrique transfrontalière (RMPT) confirmée, à l’issue de la Présidence lorraine du 13e Sommet lors de la réunion ministérielle du 17 mars 2013 qui a recommandé l’élaboration d’un Schéma de Développement Territorial de la Grande Région (SDT GR)

Cette stratégie a donné lieu dans un premier temps à la production de trois documents : la dimension métropolitaine de la Grande Région, les projets de transport prioritaires, l’étude préparatoire au volet économie.

Au début du 15e Sommet de la Grande Région (2015-2016), le Ministère luxembourgeois du Développement Durable et des Infrastructures, agissant pour le compte du Sommet de la Grande Région, a confié à un groupement, une analyse transversale de documents stratégiques, afin d’en tirer un bilan et des préconisations susceptibles de réinterroger la méthode d’élaboration du SDT-GR.

Depuis janvier 2018,  dans le cadre de l’objectif spécifique 8 (« renforcer les coopérations transfrontalières dans le domaine de la R+D en vue de faire de la Grande Région un territoire d’excellence ») du programme Interreg V A Grande Région, le projet SDT GR, réunissant 25 opérateurs partenaires, a été lancé.

Le projet SDTGR doit permettre d’aboutir à un Schéma de Développement Territorial partagé par l’ensemble des acteurs de la Grande Région afin de stimuler l’innovation au sein de la Grande Région, à travers notamment l’identification des enjeux et des opportunités qui découlent des dynamiques de développement socio-économiques en cours et de la définition d’une stratégie intégrée polycentrique et transfrontalière qui doit accroître l’attractivité et la compétitivité de la Grande Région.

  • La première phase a consisté en la constitution d’un socle de connaissances partagé et d’un langage commun. Il s’est agi d’établir sur base d’indicateurs socio-économiques et territoriaux des diagnostics permettant la spatialisation des problématiques, et d’aboutir à une série cartographique de présentations des risques et opportunités.
  • Dans la deuxième phase, sur la base de ces résultats, la stratégie de développement territorial a été élaborée ; elle a été approuvée par les ministres compétents de l’aménagement du territoire de la Grande Région le 16 janvier 2020 ; le 18 juin 2020, le Sommet intermédiaire des Exécutifs valide la résolution de la conférence ministérielle sectorielle du 16 janvier et le choix des cinq finalités « qui doivent guider la stratégie collective à l’horizon 2040 ». Il demande aussi de tenir compte des évolutions générées par la crise sanitaire pour la finalisation et la mise en œuvre du SDT.
  • Dans la troisième phase en cours, le volet stratégique est consolidé, un système de monitoring est élaboré et des projets pilotes pour assurer un volet opérationnel sont  identifiés.
  • 2021 verra la finalisation du SDT GR.

Dans un souci d’aboutir à un résultat partagé, les travaux ont fait l’objet d’ateliers participatifs transfrontaliers réunissant les acteurs locaux et des experts thématiques afin de renforcer l’adhésion des acteurs de la Grande Région.

Points saillants des échanges

 

  • Comment favoriser la mise en réseau et la coopération entre la acteurs de l’aménagement du territoire des versants de la Grande Région ?
  • Comment favoriser la capillarisation de la stratégie grand régionale d’aménagement du territoire (non contraignante) à toutes les échelles de la Grande Région ?
  • Comment inciter au recrutement d’experts en aménagement territorial transfrontalier les administrations et collectivités des différents versants ?
  • Il est nécessaire de lancer régulièrement des appels à projet en cohérence avec les objectifs stratégiques du SDT GR.
  • Il est indispensable de veiller à des évaluations régulière de la mise en œuvre du SDT GR.
  • La participation des citoyens est un enjeu essentiel : comment les mobiliser ? A quelle échelle ? Selon quels critères ? Quelles instances et quelles modalités d’intervention ? A ce sujet, la convention citoyenne pour le climat expérimentée en France est évoquée (en particulier l’accompagnement de citoyens tirés au sort par des experts).

 

Pour aller plus loin

 

Site de l’UNIGR CBS    http://cbs.uni-gr.eu/

Le portail de l’aménagement du territoire du Grand-Duché de Luxembourg   https://amenagement-territoire.public.lu/fr/grande-region-affaires-transfrontalieres/SDT-GR.html

 

 

 

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Ensemble, échangeons sur la plus-value des programmes européens pour nos territoires frontaliers ! Conférence régionale de restitution de l’étude Europ’Act Grand Est

9 octobre 2020 Webinaire

La Région Grand Est a organisé le 9 octobre 2020 avec l’appui de la Mission Opérationnelle Transfrontalière et de l’Euro-Institut, une conférence régionale de restitution de l’étude de capitalisation conduite dans le cadre du programme d’Assistance Technique Europ’Act (FEDER).

A partir de l’enquête conduite par la MOT et l’Euro-Institut depuis l’été 2019 auprès des porteurs de projets 2014-2020, et des propositions formulées lors de trois séminaires territoriaux entre décembre 2019 et février 2020 dans le Rhin supérieur, la Grande Région (cf. compte rendu sur le site de l’IGR) et l’espace Champagne-Ardenne Wallonie, des perspectives d’accompagnement renouvelées pour l’appui au développement des projets post 2020 peuvent être formulées. C’était l’objet de cette conférence de restitution et des échanges qui ont eu lieu, afin de renforcer au mieux la plus-value des programmes européens pour le développement des territoires transfrontaliers.

Le Secrétaire général de l’IGR  était présent à la journée qui s’est déroulée sous forme de webinaire du fait des contraintes liées à la situation sanitaire .

Les principaux enjeux dégagés

  • Penser les territoires dans une approche multiniveaux : local (proximité), régional, suprarégional
  • Construire une stratégie territoriale partagée entre l’ensemble des acteurs concernés en partant des dynamiques fonctionnelles et en s’appuyant sur des données d’observation objectives
  • Favoriser la construction de projets multithématiques et complémentaires entre niveaux et territoires
  • Conforter le portage politique de ces stratégie communes multiniveaux au travers d’instances de gouvernance transfrontalières en réseau
  • Structurer la mise en réseau des acteurs
  • Impulser les partenariats (acteurs économiques, société civile, citoyens) et favoriser l’appropriation citoyenne des projets
  • Renforcer l’accompagnement des porteurs de projets en particulier pour mieux combiner les programmes européens

 

  • Mieux faire connaitre les microprojets qui favorisent la lisibilité des financements européens pour les citoyens
  • Renforcer le partage d’expérience et la capitalisation des projets au travers des réseaux d’acteurs

Pour aller plus loin

Les diaporamas supports de la journée

Conférence Europ-act 09 10 2020 matin Etude Capitalisation

Conférence Europ-act 09 10 2020 après midi  Dispositifs

Le site de la Commission Européenne : page consacrée à la cohésion territoriale 2021-2027

 

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Consultation publique sur « l’amélioration du transport ferroviaire transfrontalier », organisée par la Commission des affaires européennes et des questions relatives au Conseil Parlementaire Interrégional du Landtag de Sarre à Sarrebruck

8 octobre 2020- En ligne

Le secrétaire général de l’IGR a participé à cette consultation en ligne animée par la présidente de la Commission, Helma Kuhn-Theis.

Une délégation française de maires et de présidents d’intercommunalités, emmenée par Patrick Weiten, président du Conseil départemental de la Moselle, y a participé, ainsi que Evelyne Isinger Conseillère régionale du Grand Est déléguée au transport transfrontalier.

C’était une nouveauté qu’une délégation française soit présente lors d’une consultation publique du Landtag.

Cette consultation publique a eu lieu en présence des membres sarrois du Conseil Parlementaire Interrégional ainsi que des membres de la Commission de l’économie, du travail, de l’énergie et des transports du Landtag.

Le nouveau Consul général de France à Sarrebruck, Sébastien Girard, était également présent.

Par ailleurs des experts d’Allemagne et de France avaient été invités à formuler des commentaires par écrit.

Le Landtag de Sarre est le parlement régional du Land de Sarre. Il se compose de 51 députés.

Il a deux missions :

·       pouvoir législatif ;

·       contrôle du gouvernement du Land.

Comme dans tous les régimes parlementaires démocratiques, plusieurs commissions sont les organes essentiels du fonctionnement quotidien  pour l’élaboration des politiques.

 

Le Conseil Parlementaire Interrégional a été créé le 16 février 1986 par les présidents des assemblées parlementaires des régions qui composent la Grande Région, à savoir : la Lorraine, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Wallonie et, depuis 2007, la Communauté Française de Belgique et la Communauté germanophone de Belgique.

Objectifs

  • promouvoir le rôle économique, social et culturel de la Grande Région au travers d’étroites coopérations entre les différentes régions,
  • contribuer à une perspective de coopération transfrontalière dans les domaines de compétences des différentes régions.

Sa présidence est assurée à tour de rôle par chacune des Assemblées membres et suit la rotation établie au niveau du Sommet de la Grande Région. Depuis le 1er janvier 2019, Stephan Toscani, Président du Parlement de la Sarre, exerce la présidence du CPI pour les années 2019 et 2020.

Les membres du CPI se réunissent deux fois par an en séance plénière pour discuter de sujets en relation avec la coopération transfrontalière et adopter des recommandations qui lui sont soumises par les commissions de travail et sont communiquées aux Exécutifs.

Commissions

Ses travaux sont préparés dans six commissions thématiques. Chaque Assemblée préside une de ces commissions :

  • Commission 1 : Affaires économiques
  • Commission 2 : Affaires sociales
  • Commission 3 : Transports et communications
  • Commission 4 : Environnement  et agriculture
  • Commission 5 : Enseignement, formation, recherche et culture
  • Commission 6 : Sécurité intérieure : protection civile et services de secours

Après avoir remercié l’ensemble des participants présents, Helma Kuhn-Theis rappelle l’accueil au Landtag du Président Weiten le 16 janvier 2019 et souligne l’importance du renforcement de la coopération transfrontalière, en particulier avec le Département de la Moselle, dans le contexte de crise sanitaire.

Elle insiste ensuite sur l’enjeu du transport ferroviaire transfrontalier pour les habitants et le levier que représente le Traité d’Aix la Chapelle.

            Patrick Weiten, Président du Département de la Moselle, après avoir cité Jean Monnet (« L’objet final est d’éliminer les barrières entre les peuples d’Europe ; il est de réunir ces peuples en une même communauté.  » Discours de Strasbourg, 15 juin 1953) souligne le droit fondamental qu’est celui à la mobilité, sérieusement écorné lors de la crise sanitaire.

Il rappelle la situation de carrefour du département de la Moselle et souligné la dimension multi-échelles des enjeux de la mobilité transfrontalière (de proximité avec les voisins, dans chacun des versants de la Grande Région, entre régions transfrontalières au cœur de l’Europe,  entre ces régions et les grands centres européens) qu’il faut appréhender dans une vision globale et systémique.

Il évoque ensuite la perspective du nombre croissant de travailleurs frontaliers au Grand-Duché de Luxembourg qui nécessitera une forte augmentation des capacités des trains sur la ligne Metz Luxembourg et risque , malgré le renforcement de la ligne prévue de la ligne Metz Forbach Sarrebruck, d’aboutir à l’enclavement de certains territoires, en particulier en Moselle Est, si une liaison ferroviaire directe Sarrebruck Luxembourg via Bouzonville n’est pas envisagée.

Il précise que côté français, vingt-quatre communes concernées par le passage de cette ligne ont délibéré pour ce projet, tout comme les communautés d’agglomération du Val de Fensch et de Portes de France-Thionville ou la Communauté de communes de l’Arc Mosellan.

             « Cela permettrait de corriger un déséquilibre est-ouest à l’intérieur de la Grande Région. Les infrastructures ferroviaires [utilisées à ce jour uniquement par le fret] existent. Il n’y qu’à mettre des trains dessus. Ce projet indispensable au développement de nos territoires sera un symbole fort de notre coopération », plaide Patrick Weiten, qui annonce vouloir le faire inscrire dans le futur plan État-Région d’ici décembre et se félicite de l’accord du Président de la Région Grand Est Jean Rottner, le 26 septembre dernier au congrès des maires de Moselle, pour lancer une étude de viabilité, de fréquentation et de coût.

Il appelle aussi le Grand-Duché de Luxembourg à soutenir ce projet.

En écho Armel Chabane (Président de la Communauté de Communes des Trois-Frontières) et Pierre Lang(Président de la Communauté de Communes de Freyming-Merlebach) soulignent une occasion unique de désenclaver leurs territoires et de les « replacer au cœur d’une belle dynamique » entre Sarre et Luxembourg.

 

En conclusion de cette première séquence, Helma Kuhn-Theis remercie chaleureusement le Président Weiten ainsi que  les autres élus français et appelle aussi le Grand-Duché de Luxembourg a rejoindre ce projet.

 

            Pour la Région Grand Est, qui a la compétence pour les transports régional de voyageurs, Évelyne Isinger, conseillère régionale déléguée au transport transfrontalier confirme que  « La Région n’est pas fermée à une étude dont les modalités sont à définir ».

Elle présente ensuite les priorités de la Région Grand Est en matière ferroviaire en évoquant l’urgence extrêmement couteuse de résorber les goulots d’étranglement (Metz-Luxembourg ou le Nord-Alsace) et de remettre en état le réseau, mal en point, des lignes capillaires existantes.

Lors des échanges qui suivent, les participants allemands insistent sur cette liaison Sarrebruck Luxembourg via Bouzonville et Thionville qui serait plus incitative que l’actuelle via Metz ou Trèves.

Il précisent que :

  • la Deutsche Bahn (l’équivalent de la SNCF en Allemagne) se dit prête à étudier le dossier, qui nécessite la construction d’un ouvrage d’art et l’électrification de la ligne côté allemand. Elle a signé avec le ministre fédéral des transports allemands un accord sur 86 milliards d’euros d’investissements jusqu’en 2030.
  • Sarre et Moselle ont demandé que ce dossier soit inscrit dans les projets prioritaires à examiner par le Comité de coopération transfrontalière issu du Traité d’Aix la Chapelle.
  • cette liaison permettrait aussi de mieux desservir la ville industrielle et le bassin d’emploi de Sarrelouis, qui accueille 15 à 25 % du flux total de frontaliers du Land de Sarre.

Ils expriment aussi leur étonnement devant la complexité de l’organisation administrative française qui leur parait ne pas faciliter la prise en compte de ce projet.

Avant de clore la séance Helma Kuhn Theis remercie chaleureusement l’ensemble des participants et intervenants. 

Pour aller plus loin : 

Le diaporama qui a servi de support à l’intervention d’ Évelyne Isinger, conseillère régionale Grand Est  déléguée au transport transfrontalier

Audition Région Grand Est Commission Landtag Stratégie ferroviaire et projets prioritaires

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Conférence Franco – Allemande en ligne : l’impact du Covid-19 sur les transports et les nouvelles mobilités (Inspire Metz en partenariat avec le WTC Metz-Saarbrücken et Behr Consulting) 25 juin 2020

Inspire Metz|e-conférence| 25 juin 2020

« L’impact de la Covid-19 sur les transports et les nouvelles mobilités »

 

 

Cet événement organisé par l’agence d’attractivité Inspire Metz, en partenariat avec le WTC Metz-Saarbrücken et Behr Consulting, dont Danièle Behr assurait la modération, a réuni des chercheurs et entrepreneurs français et allemands qui ont dialogué autour de trois thèmes :

  • regards croisés sur l’impact de la crise sanitaire sur les transports (mer, air, fer, route, transports en commun etc..) et les nouvelles mobilités y compris les nouveaux modes de mobilités. L’évolution en milieu urbain avec les transports en commun et les alternatives ;
  • comparatif Allemagne-France concernant l’impact de la crise sur l’industrie automobile y compris les véhicules électriques, hybrides, hydrogène, et les aides de l’Etat ;
  • témoignages de Metz Métropole et de la Ville de Trèves sur l’impact de la Covid-19 sur les transports en commun dans leurs territoires respectifs et les alternatives mise en place.

 

Les intervenants

Géraud ACQUIER

Chef de Projet Associé Coopérative de Mobilité ITER

Géraud ACQUIER dispose d’une formation en aménagement et développement territorial – de l’Université Toulouse 2.

Il intervient pour le compte des collectivités locales et d’acteurs privés dans les domaines de la planification de la mobilité, des transports et des modes actifs. Il dispose d’une expérience de plus de 20 ans dans ce domaine.

Il est intervenu pour des régions, des agglomérations ainsi que des territoires ruraux, notamment sur des problématiques de plans de déplacements urbains, de schémas de modes doux ou d’études de tarification.

 

Thomas ANSELME

Directeur de la Mobilité et des Espaces Publics – Metz Métropole
Thomas ANSELME est Ingénieur Divisionnaire des Travaux Publics de l’Etat.
Il a d’abord travaillé durant 7 ans de 2007 à 2014 comme Chargé d’Etude puis comme Responsable de service dans le domaine de l’analyse de la mobilité et la modélisation des déplacements au CEREMA Normandie Centre.

De 2014 à 2018 il a été Chef du district de Metz à la DIR EST en charge de l’exploitation des autoroutes non concédées en Moselle et en partie en Meurthe et Moselle (A30, A31, RN431, etc.…).

Depuis 2018, il est Directeur de la Mobilité et des Espaces Publics à Metz Métropole, en charge de la mise en œuvre de la compétence mobilité et de la compétence voirie de la Métropole.

 

Jean-Luc BROSSARD

Directeur Recherche et Développement et du programme Véhicule à Faible Empreinte Environnementale PFA Filière  Automobile et Mobilités.

Jean-Luc Brossard est ingénieur civil des Mines de formation et a démarré sa carrière chez Matra Automobile en 1986, dont il fut successivement Responsable des essais, Directeur de projets (Avantime Renault, Espace etc.…) puis Directeur Technique.

En 2003, il rejoint Ferrari, comme Chef de projet Coupé-Spider, puis Maserati en 2005 comme Directeur Technique et du Développement Produit ainsi que Véhicules Line Executive Fiat.

En 2007 il devient Vice-président engineering de Pininfarina. Fin 2008, il revient en France pour intégrer PSA Peugeot Citroën, au poste de Directeur de l’Ingénierie Avancée et des innovations.
Depuis le 1er janvier 2015, il a rejoint la PFA (Filière Automobile et Mobilités) comme Directeur de la R&D et du programme Véhicule à Faible Empreinte Environnementale.

 

Andreas KNIE

Directeur de recherche pour la mobilité digitale et la différenciation sociale Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung. Professeur de Sociologie – Technische Universität Berlin.

Andreas KNIE est diplômé en sciences politiques – Université de Marburg et FU Berlin -Université de Berlin. Il a obtenu son doctorat en 1990 et son habilitation à diriger des recherches en 1994 à la TU Technische Universität de Berlin.

Depuis 1988 il est chercheur en sciences politiques au Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung et professeur de sociologie à la TU Berlin – Technische Universität.

De 2006 à 2018 il a été directeur général du Innovationszentrum für Mobilität und gesellschaftlichem Wandel (InnoZ) GmbH à Berlin et de 2017 à 2019 directeur de recherche en sciences politiques au WZB – Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung.

Depuis 2018 il est directeur scientifique dans l’entreprise Choice GmbH et directeur de recherche pour la mobilité digitale et la différenciation sociale depuis 2019 au Wissenschaftszentrum Berlin für Sozialforschung avec Dr. Weert CANZLER.

 

Steffen MAIWALD

Directeur des ventes – Membre du Conseil d’Administration SWT AöR – Stadtwerke Trier

Diplômé d’études commerciales supérieures, Steffen MAIWALD a démarré son parcours professionnel en 1995 chez PreussenElektra AG. En 1998 il a été nommé directeur des ventes de PreussenElektraAG.

De 2000 à 2005 il a dirigé l’agence commerciale de Berlin du groupe E.ON Sales & Trading GmbH, puis il a été en charge de la gestion et du  contrôle des ventes.

Dans les années qui ont suivi il a été fondé de pouvoir et membre du conseil d’administration de E.ON Bulgaria Sales EAD.

A partir de 2012 il a été directeur général de Stadtwerke Hanau GmbH en Hesse.
Le 1er juillet 2019 il a été nommé directeur des ventes et membre du conseil d’administration de SWT AöR – Stadtwerke Trier.

Steffen MAIWALD est également membre du conseil d’administration de LDEW – Landesverband der Energie und Wasserwirtschaft von Hessen – Rheinland-Pfalz.

 

Raimund NOWAK

Directeur Général, Région Métropolitaine Hanovre Brunswick Göttingen Wolfsburg GmbH

La Région Métropolitaine Hanovre Brunswick Göttingen Wolfsburg fait partie des régions leaders au monde pour l’industrie automobile. La Région Métropolitaine est composée de 60 communes, 15 universités et centres de recherche, 40 entreprises et le Land de Basse-Saxe. La Région Métropolitaine est une des régions leaders en Europe pour le développement, la construction et l’utilisation de véhicules électriques.

Raimund NOWAK est responsable de plusieurs projets nationaux et internationaux dans le domaine de l’électromobilité et la transition énergétique. Les axes forts sont l’élaboration de concepts régionaux pour le déploiement de l’électromobilité et la transformation de flottes communales par l’intégration de véhicules électriques.

La Région Métropolitaine est en charge d’une des plus grandes flottes communales électriques en Europe.

 

 

Points saillants des échanges

 

France

Allemagne

Observation des modifications de comportement (à partir d’enquêtes, des remontées du terrain, du traçage des déplacements) Forte réduction de l’utilisation des transports aériens, ferrés longue distance, transports en commun (supérieure à 85 %).

Réduction moindre de l’utilisation des vélos (50 %) et des voitures (30 %)

 

Avec le développement du téletravail et du chômage partiel, les transports en commun ont été les grands perdants, au bénéfice du vélo et de la voiture, ce qui a obligé les autorités organisatrices à revoir leur offre à la baisse.

 

On observe dans la phase de déconfinement une diminution des mobilités professionnelles de 20 %.

Perspectives et enjeux Les transports en communs seront amenés à redimensionner leurs offres :

·       en milieu urbain en innovant pour « le dernier kilomètre » (ex : trottinettes électriques) ;

·       en milieu rural en les densifiant.

 

Le vélo devra trouver des espaces pour se développer en ville et faire l’objet d’un soutien location abordable, aide à l’achat).

 

La voiture individuelle ne disparaîtra pas (attachement culturel en Europe comme en Amérique du nord), mais la perception de la voiture est beaucoup plus critique.

 

L’enjeu est de soutenir le marché des véhicules décarbonées (électriques, hydrogène) en étant vigilant sur la souveraineté dans l’approvisionnement des matières premières et des infrastructures (à l’échelle européenne).

 

Le covoiturage et l’autopartage doivent être encouragés.

 

 

 

La France a l’ambition d’être la première nation / utilisation de véhicules électriques.

 

La multimodalité et le multiusage doivent être une priorité dans la réflexion.

 

 

Les plans de soutien au secteur automobile doivent exclure la production de véhicules thermiques.

 

Le développement de véhicules de petite taille doit être une priorité en concertation à l’échelle européenne.

 

La numérisation à tous les niveaux est un enjeu essentiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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UniGR-CBS | 6e séminaire en ligne | 8-9 juin 2020

« Les défis de long terme liés à la mobilité transfrontalière

dans la Grande Région »

L’UniGR-Center for Border Studies (UniGR-CBS – Centre Européen d’Etudes sur les Frontières) est un réseau transfrontalier et thématique qui réunit environ 80 chercheuses et chercheurs des universités membres de l’Université de la Grande Région (UniGR) spécialistes des études sur les frontières, leurs significations et enjeux.

Les séminaires Border Studies de l’UniGR-CBS ont pour objectif d’encourager les échanges et la mise en réseau des chercheur(e)s de l’UniGR-CBS.

Chaque séminaire, dont l’organisation alterne, traite une thématique spécifique liée à la frontière et associe des chercheur(e)s internationaux.

Ce 6e séminaire, organisé par l’Université de Liège sous la forme de webinaire en raison de la pandémie de Covid-19, était ouvert au public pour la première journée.

 

La problématique

Au sein de l’espace économique européen, le territoire de la Grande Région présente la plus grande concentration de travailleurs transfrontaliers. La gestion de leurs déplacements – en particulier ceux à destination du Grand-Duché de Luxembourg – constitue l’un des défis majeurs de ce territoire. En effet, les réseaux actuels sont systématiquement saturés aux heures de pointe à cause de l’importance des flux liés aux déplacements domicile-travail en voiture et de la forte polarisation de l’emploi sur Luxembourg Ville et ses abords.

Les prospectives en termes de mobilité des travailleurs et habitants au cœur de la Grande Région sont telles que ces problèmes de mobilité ne feront que s’accroître. Actuellement, ces déplacements transfrontaliers restent fort dépendants de la voiture (environ 86 %) malgré la concentration de près de 40 % de l’emploi frontalier présent dans la Ville de Luxembourg où convergent par ailleurs de multiples lignes de transport en commun, transfrontalières pour une partie d’entre elles.

A l’heure où l’Union Européenne s’est fixé, d’ici à 2050, de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre avec l’objectif de la neutralité carbone, et face à l’évolution probable et importante de ces flux transfrontaliers d’ici à 30 ans, on peut s’interroger sur la politique à mener sur le long terme pour faire face aux défis de la mobilité dans la Grande Région.

En réponse à ces constats liminaires, ce séminaire a abordé la mobilité dans la Grande Région sous un angle prospectif, critique et interdisciplinaire. Prospectif tout d’abord avec l’évaluation des flux de transport à l’horizon 2050 et les impacts de cette évolution sur la mobilité et l’organisation du travail en Grande Région. Critique ensuite au vu de la saturation des infrastructures en présence et l’urgence de concevoir et mettre en œuvre des approches alternatives pour répondre aux défis identifiés. Interdisciplinaire, enfin, parce que la mobilité concerne de nombreux domaines et que l’ampleur et la variété des enjeux impose de multiplier les approches et les moyens pour y répondre.

 

Retour sur les temps forts du séminaire

  • Eléments de l’exposé de Jean-Marc Lambotte Lepur, Université de Liège

« La distribution spatiale des choix modaux liés aux trajets domicile-travail des travailleurs transfrontaliers actifs au Grand-Duché : résultats de l’enquête Luxmobil de 2017″

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin: la note de décrytage n°5 de la Fondation IDEA, octobre 2019

https://www.fondation-idea.lu/wp-content/uploads/sites/2/2019/10/IDEA_Decryptage_N5_Mobilite_durable.pdf

 

  • Eléments de l’exposé de Mario Cools, LEMA, Université de Liège

« Défis et enjeux actuels concernant la mobilité dans l’espace transfrontalier de l’Euregio Meuse-Rhin et présentation du projet Interreg VA EMR Connect »

EMR Connect est un projet d’Interreg V-A visant à soutenir la coopération transfrontalière dans le domaine de la mobilité. Le projet, lancé en octobre 2017, porte sur une durée de trois ans et englobe un budget de 4,6 millions d’euros. Sous l’égide de l’Aachener Verkehrsverbund (AVV), 14 partenaires de l’Euregio Meuse-Rhin (Allemagne, Belgique, Pays-Bas) collaborent dans le cadre de l’EMR Connect à des mesures visant à améliorer les transports publics transfrontaliers.

L’objectif du projet est de mettre en œuvre des mesures concrètes dans le domaine de la mobilité transfrontalière dans l’Euregio Meuse-Rhin. À cette fin, les entreprises de transport, les autorités de transport public, les administrations publiques et les universités travaillent ensemble et forment un consortium puissant dans le cadre de l’EMR Connect. Cela renforcera les transports publics transfrontaliers et contribuera à une meilleure mise en réseau des sous-régions de l’Euregio Meuse-Rhin.

Afin de créer un réseau durable, EMR Connect répond aux défis actuels du transport public transfrontalier. Ceux-ci vont de l’amélioration de la gamme de tarifs et de services, à la numérisation dans le domaine de la billetterie et de l’information des passagers, en passant par l’utilisation des bus électroniques et la mise en réseau des différents modes de transport.

L’intégration de trois universités renforce la mise en réseau dans le domaine de l’éducation et de la connaissance. La mise en œuvre des mesures dans ces domaines thématiques rend l’Euregio Meuse-Rhin plus attrayante en tant que région frontalière.

Pour aller plus loin :

https://emr-connect.eu/fr/

  • Eléments de l’exposé d’Eric Cornelis, GRT, Université de Namur

« Présentation du projet MMust (Modèle MUltimodal et Scénarios de mobilité Transfrontaliers) Interreg VA »

 

Disposer d’un outil pour partager une vision commune sur les mobilités transfrontalières…

 

Le territoire de la Grande Région se situe à cheval sur quatre pays (Luxembourg, Belgique, Allemagne et France) et connaît le plus grand nombre de travailleurs frontaliers de l’Union Européenne. En 2015, 219 000 personnes ont traversé quotidiennement une frontière pour se rendre sur leur lieu de travail dans un pays voisin.

Au sein de ce territoire, le Grand-Duché de Luxembourg est un territoire de plus en plus attractif économiquement, ce qui engendre des tensions fortes sur les réseaux de transport, auxquelles chaque État/Région tente de répondre en adaptant l’offre de transport aux besoins des usagers. Cette tendance est appelée à se renforcer dans les prochaines années, avec la perspective des nombreuses créations d’emploi au Luxembourg et le développement de plusieurs plateformes logistiques dans la Grande Région.

Habituellement, en matière de mobilité, qu’il s’agisse de personnes et/ou de marchandises, l’outil d’aide à la décision privilégié est le modèle de prévision des déplacements. De part et d’autre des frontières, plusieurs modèles de ce type existent mais ils présentent tous des limites dans leur domaine d’usage, empêchant une analyse globale de la problématique transfrontalière et un partage de la connaissance. Aucun modèle n’est suffisamment développé pour analyser, à cette échelle, les conséquences du développement économique des territoires sur les déplacements et les circulations.

C’est pour répondre à l’enjeu prioritaire de la mobilité transfrontalière dans la Grande Région que le projet MMUST est né. Ce projet, officiellement lancé le 27 mars 2018, est piloté par l’Agape (Agence d’urbanisme et de développement durable Lorraine Nord) et associe un consortium de centres d’études et de recherches comprenant le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), le Liser (Luxembourg Institute of Socio-Economic Research), les universités de Namur (UNamur) et de Liège (ULiège), ainsi que le Ministère du Développement Durable et des Infrastructures du Grand-Duché de Luxembourg.

 

 …Et évaluer les politiques de transport et d’aménagement du territoire à l’échelle de la Grande Région

 

Le projet est conçu dans une démarche collaborative, dans le sens où chacun des six opérateurs techniques évoqués précédemment contribuera et apportera son expertise dans chacune des huit actions techniques qui le structurent :

  1. Collecte et harmonisation des données d’entrée du modèle,
  2. Enquêtes complémentaires,
  3. Construction du modèle,
  4. Calage du modèle,
  5. Construction des scenarii prospectifs,
  6. Utilisation du modèle et simulation,
  7. Animation d’une démarche d’élaboration d’un partenariat pour l’usage et la gestion du modèle,
  8. Interconnexion des outils et transfert des données.

Le projet MMUST s’inscrit également dans une approche partenariale large, en associant 16 partenaires, pouvoirs publics et acteurs du transport transfrontalier, belges, luxembourgeois et français. Cette association étroite est indispensable pour permettre le partage d’une vision commune de l’évolution de ces territoires à moyen terme et l’analyse collective de l’incidence de ces évolutions sur la mobilité transfrontalière. Chaque partenaire aura ainsi l’opportunité de tester différents projets d’infrastructures ou scénarios d’aménagement du territoire, nationaux ou transfrontaliers, et d’en mesurer les impacts sur les différents versants de la Grande Région.

Le projet MMUST, d’un montant total de 2,9 M€, bénéficie d’un financement du Fonds européen de développement régional (FEDER) de 1,7 M€ dans le cadre du deuxième appel à projets du programme INTERREG V A Grande Région. Il se déroule sur la période 2018-2021.

 

Pour aller plus loin :

https://www.mmust.eu/

 

  • Eléments de l’exposé de Véronique Van Acker, Liser

« Free public transport in Luxembourg and its cross-border impact » (La gratuité des transports publics au Luxembourg et son impact transfrontalier)

 

La gratuité des transports publics au Luxembourg : une première mondiale

 

Depuis le 1er mars 2020, le Grand-Duché de Luxembourg est le premier pays du monde à introduire le transport public gratuit (sauf pour la 1ère classe dans les trains) sur l’ensemble du réseau luxembourgeois. Cela signifie que les services offerts par CFL, Luxtram, AVL, RGTR et TICE sont désormais tous subventionnés. La subvention des transports publics coûte à l’État environ 41 millions d’euros par an. Les frontaliers bénéficient désormais de tarifs réduits sur les transports en commun sur les lignes ferroviaires les plus utilisées (Nancy-Metz-Luxembourg, Arlon-Luxembourg, Trèves-Luxembourg…) ainsi que sur certains bus.

 

Quand on sait que le chiffre de 200 000 travailleurs frontaliers a été dépassé, et qu’à ce chiffre on ajoute celui des résidents luxembourgeois qui se déplacent eux aussi vers leur lieu de travail, on peut aisément imaginer l’ampleur du trafic sur le réseau routier saturé du pays, et plus particulièrement autour de la capitale. La mobilité est devenue une problématique centrale pour le Luxembourg.

           

L’objectif affiché par le gouvernement luxembourgeois est clair : pouvoir transporter 20 % de personnes en plus tout en amélioration la répartition modale. En 2017, environ six travailleurs sur dix utilisaient leur voiture personnelle pour aller travailler. Le gouvernement souhaite réduire cette part à 46 %, en favorisant le recours au covoiturage, aux transports en commun, au vélo et à la marche. Pour ce faire, la coalition gouvernementale compte notamment sur le tram de Luxembourg-ville, qui circulera du Kirchberg jusqu’à la gare centrale à la fin de l’année 2020 (et à terme, de l’aéroport à la Cloche d’Or). D’importants investissements (parking-relais et nouvelles lignes ferroviaires) sont également en cours de réalisation pour permettre aux étudiants et travailleurs de multiplier les modes de transport.

 

L’enquête du Liser

 

Les systèmes de transport et la mobilité évoluent ainsi rapidement au Luxembourg. Ceux qui vivent ces changements, de façon passive ou active, qu’ils soient résidents ou frontaliers, sont-ils satisfaits de cette mobilité en général, et des transports publics en particulier ?

 

Afin de pouvoir répondre à cette question, le Luxembourg Institute for Socio-Economic Research (Liser) a lancé entre le 11 et le 29 février 2020  une enquête en ligne   sur le ressenti de  l’ensemble de la population (de plus de 16  ans),  que  ce  soient  les  travailleurs,  les étudiants, les retraités, ou les lycéens, aussi bien frontaliers  que  résidents luxembourgeois  par rapport aux transports publics et à la mobilité dans le pays. La participation à l’enquête était anonyme. Les 30 questions de l’enquête étaient organisées en trois grandes parties : le comportement actuel en matière de déplacements, la satisfaction par rapport aux transports publics, l’intention future d’utiliser les transports publics.

 

Les premiers enseignements de l’enquête montrent que les usagers attendent un maillage dense, un cadencement et une ponctualité renforcés des bus et des trains, la fiabilité des informations données, avant de modifier leurs habitudes. Les frontaliers sont plus que les autres soucieux de pouvoirs arriver à temps (tant au travail que chez eux). Ces éléments sont à mettre en regard avec un sondage réalisé à la mi-février 2020 par RTL 5 Minutes : 30 % des répondants avaient annoncé que la gratuité ne les ferait pas renoncer à l’usage de leur voiture dans leur vie de tous les jours.

 

  • Eléments de l’exposé de Franz Clément, Liser

« Le travail transfrontalier en période de confinement : le cas luxembourgeois au travers de la crise du COVID-19 »

 

L’importance du travail frontalier au Grand Duché de Luxembourg (250 000 entrants)

 

Même si tout le monde n’a pas pu télétravailler, le télétravail s’est considérablement développé

 

Situation en 2019 L’impact de la COVID-19
Avec la crise, on peut observer un basculement net pour les travailleurs résidents : 69 % d’entre eux ont télétravaillé (48 % à temps complet, 21 % en alternance avec le présentiel).

 

Aspects légaux, fiscaux et sociaux du télétravail au Grand-Duché

 

Pas de législation, seulement une convention de 2006 : l’entreprise peut refuser le télétravail à un salarié.

 

En matière fiscale, des conventions bilatérales différentes

 

La règle est que les revenus du salarié frontalier sont imposés dans l’Etat dans lequel il travaille (soit le Grand-Duché de Luxembourg).

 

Par exception, pour les jours travaillés par le salarié en dehors du Grand-Duché de Luxembourg (soit dans l’Etat de résidence ou tout autre Etat), les revenus du salarié frontalier resteront imposés au Grand-Duché de Luxembourg à condition que les seuils suivants soient respectés en fonction de l’Etat de résidence du salarié :

  • en France : 29 jours au maximum
  • en Belgique : 24 jours au maximum
  • en Allemagne : 19 jours au maximum

 

Si les seuils précités sont dépassés, les revenus du salarié pour les jours travaillés en dehors du Grand-Duché de Luxembourg sont imposés dans l’Etat de résidence du salarié.

 

Le télétravail impliquant que le salarié frontalier travaille dans son Etat de résidence, ce télétravail aurait alors pour conséquence que les seuils maxima précités soient atteints beaucoup plus rapidement, d’autant plus au regard de la durée de la crise actuelle, entraînant l’imposition des revenus du salarié dans son Etat de résidence pour les jours travaillés en dehors du Grand-Duché de Luxembourg.

 

Pour remédier à cette situation, le Grand-Duché de Luxembourg a conclu différents accords avec ses Etats voisins. Ainsi, pour la Belgique et la France, le télétravail effectué à partir du 14 mars 2020 dans le contexte de la lutte conte le COVID-19 sera exclu de la détermination des seuils précités et ce, jusqu’à nouvel ordre. Il en est de même pour l’Allemagne, mais à partir du 11 mars 2020.

 

En matière de sécurité sociale, un cadre européen unique

 

Le télétravail a également des répercussions au niveau de l’affiliation du salarié frontalier au système national de sécurité sociale, puisque dans ce cas, le salarié est alors amené à travailler dans son Etat de résidence et plus au Grand-Duché de Luxembourg, soit deux Etats membres de l’Union européenne dans le cadre de la relation de travail.

Le principe, dans ce cas, est que l’affiliation au régime luxembourgeois de sécurité sociale est maintenue à condition que le temps de travail / le revenu du salarié généré dans l’Etat de résidence de celui-ci ne dépasse pas 25 % du temps de travail/revenu global.

 

De la même manière qu’en matière fiscale, le télétravail favorisé actuellement a pour conséquence d’atteindre plus rapidement le seuil susvisé, impliquant l’obligation pour l’employeur d’affilier le salarié au régime de sécurité sociale de l’Etat de résidence de celui-ci.

 

Pour y remédier, des discussions sont aujourd’hui entreprises au niveau de l’Union européenne.

Néanmoins, les instances nationales compétentes des Etats voisins ont déjà fait savoir que le télétravail mis en place dans le contexte actuel exceptionnel de lutte contre la COVID-19 ne sera pas pris en compte pour déterminer le seuil précité et n’aura ainsi pas d’effet sur l’affiliation du salarié au régime national de sécurité sociale qui restera ainsi inchangée.

 

Constats et points de vigilance

Si la crise sanitaire a eu des impacts positifs au Grand-Duché (désaturation des transports, pétition pour le droit au télétravail), elle a révélé :

  • la non-prise en compte de la spécificité de la dimension transfrontalière tant à l’échelle de l’Europe qu’à celle des états ;
  • l’absence d’harmonisation à l’échelle de la Grande Région (qui n’en a pour l’instant pas les compétences) ;
  • les inégalités et les incohérences territoriales.

 

Tant à l’échelle européenne qu’à celle de la Grande Région, il faut tirer les leçons de la crise dans les domaines :

  • de la fiscalité transfrontalière ;
  • de la dimension spécifique des régions transfrontalières (qui pourraient initier en Europe une démarche commune) ;
  • de la gestion des frontières.

 

Les points de vigilance sur le développement du télétravail :

  • le risque de délocalisation de certaines activités dans des pays émergents ;
  • la nécessaire maîtrise de la technologie par les citoyens et les salariés, ce qui suppose le renforcement de la maîtrise des nouvelles technologies tant en formation initiale (générale et professionnelle) qu’en formation continue.

 

  • Eléments de l’exposé de Jonas Kupferschmid, Chef de projet, Agglo Basel

« Le RER trinational de Bâle, le projet d’extension du nœud ferroviaire de Bâle et la coordination entre l’urbanisation et les transports de part et d’autre des frontières dans le cadre du projet d’agglomération de Bâle »

 

L’association Agglo Basel s’inscrit dans un emboîtement de coopérations transfrontalières institutionnelles à l’échelle du périmètre du Rhin Supérieur (de la Commission intergouvernementale franco-germano-suisse à l’échelon étatique aux échelons locaux autour de l’agglomération de Bâle : l’Eurodistrict trinational de Bâle (ETB), l’IBA Basel 2020.

 

La région de Bâle : un espace métropolitain transfrontalier dynamique

Son industrie chimique, pharmaceutique et sa concentration sur les sciences de la vie ont fait de Bâle une métropole au rayonnement mondial qui lui confère une croissance économique soutenue. Le développement des infrastructures de transports contribue à ce succès : navigation sur le Rhin, axe de transit ferroviaire Nord-Sud, transports aériens avec sa plate-forme internationale. Son dynamisme attire aussi bien les hommes d’affaires que les travailleurs frontaliers des régions voisines.

 

Partie intégrante de son rayonnement, la question de la mobilité au quotidien avec les interactions sur les transports ferroviaires transfrontaliers est au cœur des réflexions de l’aire métropolitaine de Bâle.

L’association AggloBasel, structure porteuse du projet d’agglomération de Bâle : une initiative suisse mais une gouvernance partenariale transfrontalière.

 

 

Le RER trinational de Bâle

Le RER trinational de Bâle (allemand : Trinationale S-Bahn Basel) est le réseau ferroviaire de transport en commun desservant la région trinationale de Bâle. Il comporte 357 km de voies situées en Suisse (181 km), en Allemagne (147 km) et en France (29 km). Les entreprises de transport actuelles sont les CFF, leur filiale allemande SBB GmbH, la DB Regio (Deutsche Bahn) et la SNCF. Le RER, qui est constitué de huit lignes, comporte 108 points d’arrêt et est fréquenté par plus de 109 000 voyageurs par jour.

Depuis 2018, les sept autorités organisatrices concernées (cantons d’ArgovieBâle-CampagneBâle-VilleJuraSoleure, le Land du Bade-Wurtemberg et la Région Grand Est) se sont regroupées sous l’appellation Trireno et planifient ensemble le futur développement du réseau.

 

 

Un concept cible de l’offre à un horizon de 20 ans

 

Offre actuelle

Le plan de transport du RER présente sur tous les tronçons des dessertes régulières et cadencées, qui sont densifiées aux heures de pointe. La plupart des lignes rebroussent dans les gares de Basel SBB ou Basel Bad Bf. Ces gares permettent en outre un accès aux trains à longue distance, aux transports urbains et à d’autres lignes RER.

 

Offre future

Au vu de la demande croissante et du rôle stratégique du RER pour le développement des transports et de l’urbanisation, l’offre du RER va être considérablement élargie :

  • plus fréquente :plus de trains sur les tronçons actuels ; dans le centre de l’agglomération, une cadence d’au moins un train toutes les 15 minutes sera la norme ;
  • plus directe :moins de changements nécessaires grâce à la connexion de lignes au-delà de leur terminus actuel (Basel SBB, Basel Bad Bf) ;
  • plus rapide :des gains de temps grâce à la suppression des temps de correspondances ;
  • plus proche :nouvelles haltes aux endroits à forte demande.

 

Pour aller plus loin :

https://www.eurodistrictbasel.eu/fr/home.html

https://www.agglobasel.org/bienvenu.html

https://www.trireno.org/fr/

 

Les actes du séminaire seront mis en ligne sur le site de l’UniGR-CBS à l’automne 2020

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Paperjam e-Club | Table ronde en ligne| 2 juin 2020

« Le télétravail du mythe à la réalité »

 

Le télétravail massif, stop ou encore ? Faut-il adapter la législation en la matière ? Comment mettre en place un télétravail qui profite à tous ? Quels sont les écueils à éviter ?

Mis en place rapidement depuis deux mois, le télétravail à grande échelle a constitué une réponse forte pour lutter contre la propagation du coronavirus au Luxembourg et ses flux quotidiens de plus de 200 000 frontaliers. Deux mois plus tard, et alors que plus d’un employé sur deux (55 %) juge le télétravail positif (selon le Statec), l’heure était au premier bilan à l’occasion d’une première table ronde organisée en live par le Paperjam e-Club.

Autour du modérateur Thierry Raizer, rédacteur en chef de Paperjam, quatre orateurs étaient présents pour débattre du sujet et répondre en direct aux questions du public :

Les constats

Jusqu’au surgissement de la crise, le télétravail s’est développé lentement au Grand-Duché de Luxembourg.

Avec la crise, on peut observer un basculement net pour les travailleurs résidents : 69 % d’entre eux ont télétravaillé (48 % à temps complet, 21 % en alternance avec le présentiel).

La mise en place du télétravail a permis :

  • d’éviter la propagation du virus et ainsi une mortalité plus élevée au Grand-Duché de Luxembourg,
  • d’assurer la continuité de la grande majorité des activités tertiaires, prépondérantes au Luxembourg : finance (11 % des emplois et 24 % de la valeur ajoutée ), assurances, services aux entreprises,

Les limites :

  • le télétravail, lorsqu’il était possible, a été induit par la crise sanitaire, sans préparation technique, organisationnelle et managériale, ni accompagnement des salariés,
  • si les activités pratiquées sont créatrices, la productivité s’améliore avec le télétravail ; si les activités sont routinières, la productivité diminue,
  • plus de la moitié des salariés du Grand-Duché exerçant dans des métiers moins qualifiés et moins bien rémunérés que dans les activités de finance et d’assurance, ne peuvent pratiquer le télétravail : ouvriers de production, caissières de supermarché, etc. Cela pose le problème de l’égalité de traitement entre salariés et interroge sur la nécessaire reconnaissance sociale des professions.

Les perspectives

Les participants s’accordent pour envisager un développement du télétravail – un des moyens pour le Grand-Duché de Luxembourg de gérer la croissance des emplois en continuant à être attractif pour les qualifications de haut niveau, de réduire les problèmes de mobilité et de lutter contre le réchauffement climatique – qui ne peut cependant être la solution « miracle » pour plusieurs raisons :

  • le risque de l’affaiblissement des interactions sociales au travail et de l’érosion de la cohésion du collectif de travail,
  • le risque de donner la priorité aux résultats et d’occulter les moyens pour y parvenir,
  • le risque d’inégalités de traitement entre l’ensemble des salariés,
  • les contraintes fiscales (dans le cadre des accords bilatéraux dont les limites par jours ne sont pas atteintes) et surtout sociales (règlement européen de la limite des 25 % du temps travaillé).

Si une quotité de 1 à 2 jours par semaine paraît raisonnable à tous, le développement du télétravail doit être mené de manière « structurelle » en veillant à :

  • prendre en compte l’ensemble des parties prenantes : salariés, employeurs, pays,
  • identifier précisément les activités et les tâches qui peuvent être télétravaillées,
  • mettre en place dans les entreprise un accompagnement aux évolutions organisationnelles et managériales (importance du volontariat du salarié et de la confiance du manager au fondement de la motivation du salarié), à la maîtrise des outils digitaux par les salariés,
  • prévenir la cybercriminalité,
  • séparer nettement la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés,
  • prendre en compte le risque encouru par les activités de restauration au Grand-Duché avec le développement du télétravail n

 

Pour aller plus loin :

            l’article de Paperjam : https://paperjam.lu/article/teletravail-devrait-rester-par

            l’enregistrement de la table ronde : https://paperjam.lu/article/table-ronde-sur-teletravail

 

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UniGR-CBS | Table ronde en ligne| 28 mai 2020

« Les réalités frontalières dans la Grande Région en temps de pandémie »

 

L’UniGR-Center for Border Studies (UniGR-CBS – Centre Européen d’Etudes sur les Frontières) est un réseau transfrontalier et thématique qui réunit environ 80 chercheuses et chercheurs des universités membres de l’Université de la Grande Région (UniGR) spécialistes des études sur les frontières, leurs significations et enjeux. Dans le cadre de la série de conférences interrégionales organisées depuis décembre 2019 sur le thème « Réalités des frontières : défis et perspectives en période d’incertitude« , l’UniGR-CBS tenait le 28 mai 2020 une table ronde en ligne.

Le constat : la pandémie COVID-19 et les mesures prises ont changé de manière drastique la façon dont les citoyens cohabitent. Les conséquences sont particulièrement visibles dans les régions frontalières européennes où les passages frontaliers ont été fermés, les contrôles aux frontières renforcés et l’entrée considérablement restreinte en mars 2020.

L’objectif de la table ronde : se pencher sur l’expérience de la fermeture des frontières dans la Grande Région et, dans une approche rétrospective, en discuter de manière critique et productive dans une perspective d’avenir, en évoquant tant les réalités quotidiennes et les initiatives de protestation que la gestion de la frontière et les processus de concertation politique (interrégionaux). En concluant par une question : à quoi devrait ressembler l’avenir de la coopération transfrontalière avec ou après le COVID-19 ?

Les participants :

  • Patrick Barthel, vice-président de l’Université de Lorraine, délégué aux relations franco-allemandes et directeur du Centre franco-allemand de Lorraine (CFALor)
  • Martina Kneip, co-initiatrice de l’initiative « Schengen is alive » et directrice du Centre Européen Schengen
  • Philipp Krämer, professeur par intérim en linguistique à l’Université européenne Viadrina de Francfort (Oder), Viadrina-Center B/ORDERS IN MOTION)
  • Florian Weber, professeur jun. en études européennes, spécialisé sur l’Europe occidentale et les espaces frontaliers, Université de la Sarre, UniGR-Center for Border Studies

Animation

  • Christian Wille, chercheur en étude des frontières et directeur de l’UniGR-Center for Border Studies (Université du Luxembourg)
  • Astrid M. Fellner, professeure de littérature et d’études culturelles nord-américaines, Université de la Sarre

Les points saillants des échanges

Avec la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 150 000 morts sur le continent, l’Europe est revenue largement sur la suppression des contrôles aux frontières intérieures, un principe fondateur de l’espace Schengen. Créé en 1985, ce dernier, qui compte 26 États (22 États membres de l’UE + l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse), n’a jamais été aussi contrarié dans son fonctionnement : des contrôles stricts ont été réinstaurés sur l’ensemble de son territoire, et à ses frontières extérieures.

Fermeture des frontières en Europe au 22 mai 2020

Légende

Rouge : Frontières fermées aux étrangers, exception faite du transport de marchandise.

Orange : Restrictions aux frontières. Seules certaines catégories de voyageurs sont acceptées, comme les travailleurs transfrontaliers, par exemple. Certaines nationalités pourront également se voir refuser l’entrée sur le territoire.

Jaune : Les conditions d’entrée sont quasi-normales. Valable uniquement pour les Européens dans l’espace Schengen.

 

Depuis le mois de mars, le monde s’est érigé de barrières. Les frontières devenues, avec le temps, si abstraites sur les routes européennes, gommées par les vols long-courriers à l’international, sont redevenues, en un très court laps de temps, une réalité. L’irruption du Covid-19 n’a pas seulement imposé une distance – sociale –  entre les humains. La peur qu’il a suscitée, a amené les pays à se barricader, pensant trouver en la frontière l’obstacle infranchissable qui empêcherait le virus de se répandre.

 

Cette « renationalisation » des frontières, opérée sans concertation entre les Etats et sans pédagogie vis-à-vis des citoyens, a suscité dans les différents versants de la Grande Région des réactions contrastées :

  • d’incompréhension, de déception et de ressentiment de la part des populations ;
  • de protestation (par exemple en Lorraine et au Grand-Duché de Luxembourg, contre la fermeture de la frontière allemande) ;
  • de solidarité concrète (accueil de patients du Grand Est dans les hôpitaux allemands et luxembourgeois) ou symbolique (manifestations d’élus français, allemands et luxembourgeois à l’occasion de la journée de l’Europe le 9 mai ; message de solidarité de maires sarrois à l’attention des Lorrains).

 

La fragilité de la coopération transfrontalière a été révélée par cette crise, en particulier dans les relations franco-allemandes, alors que le Traité d’Aix la Chapelle a un peu plus d’un an d’existence. La fermeture de la frontière allemande a suscité une forte incompréhension de la part des citoyens des versants voisins –incompréhension que les Allemands ont eux-mêmes ressentie sur leur frontière avec la Pologne qui n’a autorisé que la circulation de fret.

 

Heureusement, les réseaux transfrontaliers ont continué à fonctionner, mais de manière davantage implicite et bilatérale qu’explicite et multilatérale, à l’exemple de la déclaration commune de Tobias Hans et Jean Rottner du 14 avril, qui a précédé le Sommet des Exécutifs de la Grande Région du 28 avril dernier.

 

Quelles perspectives pour la coopération transfrontalière ?

  • permettre aux citoyens de mieux se faire entendre à l’égard des politiques sur le vécu du transfrontalier au quotidien ;
  • sensibiliser les pouvoirs centraux/fédéraux à la dimension transfrontalière ;
  • conforter en l’explicitant le mode de gouvernance transfrontalière en Grande Région, en y incluant l’anticipation et la gestion de crise : idée d’un G5 ou G6 (incluant le Bade-Wurtemberg) de la Grande Région ; identification partagée des réformes structurelles nécessaires et des domaines prioritaires d’action (transports, logistique, recherche, enseignement supérieur, formation professionnelle, apprentissage, multi/plurilinguisme), afin de renforcer l’attractivité de la Grande Région. n

 

 

Pour aller plus loin, le lien vers l’enregistrement de la table ronde

https://www.youtube.com/watch?v=rgQ4OhD1kWA&t=5103s

 

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« COVID-19 : le pire est-il certain ? »

Visioconférence de la Fondation IDEA | 20 mai 2020

 

Dans son intervention introductive, Muriel Bouchet, directeur de la Fondation IDEA, a expliqué que dans cette période d’incertitude radicale, la Fondation IDEA avait souhaité profiter de la publication de son nouveau document de travail « Coronavirus : quel impact économique au Luxembourg ? » pour le compléter utilement par une analyse de Denis Ferrand.

Docteur en économie internationale de l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble, Denis Ferrand est directeur général de Rexecode (centre de Recherche pour l’EXpansion de l’ECOnomie et le Développement des Entreprises) depuis décembre 2008. Il est également président de la Société d’Economie Politique depuis novembre 2016. Il est chargé du cours d’analyse de la conjoncture à l’Institut de Gestion de Patrimoine de l’Université Paris-Dauphine. Il intervient également au titre d’expert en macroéconomie auprès de l’APM (Association Progrès du Management). 

 

Analyse de la situation macroéconomique dans le monde, en Europe et en France

par Denis Ferrand

Dans son propos liminaire, Denis Ferrand a insisté sur la nécessité d’une grande modestie dans les analyses et les perspectives (plutôt que les prévisions). Les prévisionnistes doivent en effet réinventer dans l’urgence le contenu de leur boîte à outils tant leurs méthodes et modèles habituels se révèlent peu adaptés à cette crise sanitaire et à l’incertitude maximale qu’elle génère. Il leur faut d’abord quantifier l’impact des mesures de confinement en exploitant une large gamme de données puis formuler des hypothèses sur le calendrier de la reprise de l’activité pour tracer des perspectives de croissance.

L’incertitude maximale bouscule les trois temps de l’exercice de prévision économique• Le premier temps est de nature paramétrique. Il associe, à un horizon de trois mois, la prévision de croissance aux résultats des enquêtes sur le climat des affaires. Or, le plongeon de la plupart d’entre elles à des niveaux inédits ne permet plus la quantification d’un solde des opinions des chefs d’entreprise.

• Le deuxième temps est de nature analytique. Il dessine, à un horizon de 18 mois à deux ans, l’orientation des postes de la demande, qu’il s’agisse de la consommation des ménages, de l’investissement des entreprises ou des échanges mondiaux, à partir d’un jeu d’interrelations entre des variables de prix, d’emploi, de revenu…

Or, l’incertitude est maximale quant à la vitesse à laquelle les ménages réduiront (ou pas) l’épargne qu’ils accumulent pour la majorité d’entre eux au cours du confinement. Comment se rétabliront les échanges mondiaux alors que les frontières pourraient rester plus ou moins fermées ? Des difficultés d’approvisionnement au moment du rétablissement des liens commerciaux seront aussi probables, freinant ainsi l’activité. En somme, les interrelations théoriques pourraient perdurer mais l’inconnue porte sur l’évolution des comportements.

• Le troisième temps est de nature structurelle et s’envisage dans le temps long. La croissance d’une économie dépend du capital humain et physique qu’elle peut mobiliser et des gains dans l’efficacité de la combinaison de ces ressources fondamentales. Comment prévoir alors que la crise économique, avec son cortège de hausse du chômage et de disparitions d’entreprises n’a pas véritablement débuté ? A l’inverse, la nécessaire adoption de technologies numériques et de nouveaux modes d’organisation de la production à une vitesse inédite est-elle prometteuse d’une accélération prochaine des gains de productivité ?

L’impact de la « crise COVID » sur l’activité et les finances publiques au Luxembourg

par Muriel Bouchet

 

La crise « Corona » est un choc sanitaire avant tout, mais aussi un événement socio-économique doublement important. Il se caractérise à la fois par son caractère général – puisqu’il affecte l’ensemble des foyers et entreprises de notre planète bleue – et par son intensité, avec à la clef un considérable ressac de l’activité économique attendu pour 2020

Le Grand-Duché n’est certes pas épargné, même si les aspects sanitaires de la crise y ont été traités de manière ordonnée. Même en ce mois de mai synonyme de « déconfinement », le retour en usine ou au bureau demeure progressif et partiel.

Procéder à une évaluation de l’impact de ce choc sur le plan luxembourgeois est une véritable gageure. C’est pourtant à cet exercice que la Fondation IDEA s’est livré, en menant à bien divers exercices de simulation visant notamment à mieux cerner les retombées économiques et budgétaires du (dé)confinement.

Ces simulations visent avant tout à aider à mieux appréhender l’incidence de la crise du Coronavirus sur l’activité économique et les finances publiques grand-ducales. L’orientation du document de travail est purement quantitative et ce dernier est « confiné » aux seules années 2020 et 2021. Il ne s’agit donc pas d’inférer les conséquences de moyen terme de la crise sur l’ensemble des dimensions socio-économiques – autant d’exercices certes indispensables, sur lesquels IDEA ne manquera d’ailleurs pas de se prononcer au cours des mois – voire des années – à venir.

Pour en savoir plus…

Voir la présentation de Denis Ferrand – IDEA 20 mai 2020

Voir la  présentation de Muriel Bouchet – IDEA 20 mai 2020

Voir le document IDEA : « Coronavirus : quel impact économique au Luxembourg ? » 

Voir l’article du PaperJam du 22 mai 2020 :  « Coronavirus la croissance amputée »

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Le Rendez-vous des Managers – Metz Consulting

Table Ronde autour de l’Économie Transfrontalière

IAE Metz jeudi 12 mars 2020

Metz Consulting est la Junior Conseil de l’IAE Metz School of Management depuis 1988,  gérée par les étudiants de l’institut. Rattachée à l’Université de Lorraine, elle s’emploie à favoriser la collaboration d’étudiants de l’IAE Metz School of Management et des professionnels.

Cette manifestation était organisée en partenariat avec l’association GEAvenir  créée en 1986 par la volonté d’étudiants de l’époque et de quelques GEAvenir est, avant tout, un trait d’union entre les générations issues du DUT GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations).  

Le Secrétaire général de l’IGR était présent à cette manifestation.

Il s’agissait d’un thème important sur les enjeux économiques de la Grande Région ainsi que les liens existant entre la Moselle et le Luxembourg. Ce thème avait pour but de présenter un point sur la stratégie d’expansion des entreprises à travers les frontières. Le bilan de l’activité bancaire au Luxembourg a également été un des points clés du débat.

Par ailleurs, une réflexion sur la place de l’Allemagne autour de cette grande région à prit part du débat. Enfin, une réflexion autour du télé-travail a pu être abordé par less invités, également en lien avec la crise sanitaire du moment.

Remerciements

Les organisateurs ont tenu à remercier toutes les personnes présentes à cet événement malgré le contexte particulier du moment (Covid-19).

Des remerciements tout particuliers aux 5 invités d’honneur qui ont débattu et partagé leurs expériences professionnelles et personnelles sur l’Economie Transfrontalière :

  • Monsieur René SIMON –Président du directoire de Demathieu Bard
  • Monsieur Pierrick DELLE– Senior manager real estate chez Alter Domus Luxembourg
  • Monsieur Pierre-Frédéric STEIN– Directeur du développement commercial et de l’ingénierie patrimoniale de la Société Générale Luxembourg
  • Monsieur Laurent BUONVINO –Président du World Trade Center Metz Saarbrücken et co-fondateur de CommetGroup
  • Madame Claire BARRÉ –Étudiante à l’IAE Metz School of Management et Responsable Commerciale chez Metz Consulting

Un grand merci à l’animateur Guy Keckhut  d’avoir dynamisé cette table ronde.

Source :  site GEAvenir

            

 

 

 

 

 

 

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