Tribune libre

HansPeter Georgi, vice président de l’IGR

In AKW Journal dezember 2021 (Editorial)

 

Deutschland im Energie-Klimaschutz-Dilemma. Was nachdenklich stimmen sollte

L’Allemagne face au dilemme énergie-climat Ce qui devrait faire réfléchir.

Dem spontan beschlossenen Ausstieg aus der Kernenergie im Jahre 2011-kein anderes Land einschließlich Japan hatte nach dem Unfall in Fukushima so wie Deutschland reagiert- war weder eine breite Debatte im Bundestag vorausgegangen noch folgte eine solche nach der Entscheidung der damaligen Bundesregierung. Von einer energiepolitischen Strategie, wie ohne Kernenergie der Energiebedarf von Wirtschaft und Gesellschaft zu decken ist, war weit und breit nichts zu sehen. Allmählich wagen es einige Medien, diese Thematik zur Diskussion zu stellen. Drei Gründe/Fakten sind hierfür maßgeblich: Sicherheit der Energieversorgung, das Klimaschutzziel sowie die Debatte auf EU-Ebene hinsichtlich der Taxonomie (wird die Kernenergie als nachhaltig bewertet?) einschließlich des Verhaltens in anderen Ländern.

La décision spontanée d’abandonner l’énergie nucléaire en 2011 – aucun autre pays, y compris le Japon, n’avait réagi comme l’Allemagne après l’accident de Fukushima – n’a été précédée ni suivie d’un large débat au Bundestag, ni d’une décision du gouvernement fédéral de l’époque. Il n’y a pas eu de stratégie de politique énergétique pour couvrir les besoins en énergie de l’économie et de la société sans énergie nucléaire. Peu à peu, certains médias osent aborder cette thématique. Trois raisons/faits sont déterminants à cet égard : la sécurité de l’approvisionnement énergétique, l’objectif de protection du climat et le débat au niveau de l’UE concernant la taxonomie (l’énergie nucléaire est-elle considérée comme durable ?), y compris le comportement dans d’autres pays.

Ziel der Energiepolitik ist es, dafür Sorge zu tragen, dass Energie bezahlbar ist und die Preise international wettbewerbsfähig sind. Zudem muss sie umweltverträglich sein sowie sicher und verlässlich zur Verfügung stehen. Hierzu ein Faktum: wenn beispielsweise die Chemieindustrie voll auf Strom umstellt, benötigt sie so viel Strom wie Deutschland heute insgesamt, so Martin Brudermüller, der Vorstandsvorsitzende von BASF. Denken wir uns nur noch die Automobile hinzu, die elektrisch fahren sollen, wird die Herausforderung immens. Daher nehmen nach Auslaufen von Kernkraft und Kohlekraftwerken die Zweifel zu, ob Sonne und Wind diese sich auftuende Energielücke schließen können. Die Lösung: Import von Strom aus Frankreich und Tschechien als Atomstrom und aus Polen als Strom aus Kohlekraftwerken. Honi soit qui mal y pense!

L’objectif de la politique énergétique est de veiller à ce que l’énergie soit abordable et que ses prix soient compétitifs au niveau international. Elle doit également être respectueuse de l’environnement et être disponible de manière sûre et fiable. Un fait à ce sujet : si l’industrie chimique, par exemple, passe entièrement à l’électricité, elle aura besoin d’autant d’électricité que l’Allemagne dans son ensemble aujourd’hui, selon Martin Brudermüller, président du directoire de BASF. Si l’on ajoute à cela les voitures qui doivent rouler à l’électricité, le défi devient immense. C’est pourquoi, après la fin de l’énergie nucléaire et des centrales à charbon, on doute de plus en plus que le soleil et le vent puissent combler ce déficit énergétique qui s’ouvre. La solution : Importer de l’électricité de France et de République tchèque sous forme d’électricité nucléaire et de Pologne sous forme d’électricité produite par des centrales à charbon. Honi soit qui mal y pense !

Will Deutschland die Klimaziele erreichen ohne diese Importe, wird trotz aller Anstrengungen um den Ausbau von Windkraftanlagen und die Gewinnung von Solarenergie die Folge sein: Anpassung durch Schrumpfung wirtschaftlicher Aktivitäten! Um dies zu vermeiden, bietet sich als (Zwischen)-Lösung an: Weiterbetrieb der noch vorhandenen sechs Kernkraftwerke, die in 2022 stillgelegt werden sollen. Auf die Vor- und Nachteile von Alternativen wie Bau von Gaskraftwerken und Erreichen der CO2-Minderungsziel durch negative Emissionen unter Nutzung von Carbon Capture and Storage-Verfahren, sei hingewiesen. Unabhängig von den Kosten gibt es hierbei riesige Zeitprobleme, um den Zielkonflikten zu entkommen. Viel Zeit haben wir ohnehin nicht, um das Energie-Klimaschutz-Dilemma zu entschärfen.x

Si l’Allemagne veut atteindre ses objectifs climatiques sans recourir à ces importations, la conséquence sera, malgré tous les efforts déployés pour développer les éoliennes et la production d’énergie solaire : L’adaptation par la contraction des activités économiques ! Pour éviter cela, une solution (intermédiaire) s’impose : Continuer à exploiter les six centrales nucléaires encore existantes, qui devraient être fermées en 2022. Il convient de souligner les avantages et les inconvénients des alternatives telles que la construction de centrales à gaz et la réalisation des objectifs de réduction des émissions de CO2 par des émissions négatives en utilisant des procédés de capture et de stockage du carbone. Indépendamment des coûts, il y a là d’énormes problèmes de temps pour échapper aux conflits d’objectifs. Nous n’avons de toute façon pas beaucoup de temps pour désamorcer le dilemme énergie-climat.

Ein drittes Faktum, warum nun auch in den Medien die Debatte um die Nutzung von Kernenergie eine Renaissance erfährt, ist die Energiepolitik in anderen Ländern wie Frankreich, Great Britain, Japan, USA, China, Russland, um nur die wichtigsten zu nennen. Sie nutzen die Kernenergie, um CO2-freien Strom zu erzeugen und zugleich den Klimaschutzzielen gerecht zu werden. Und sie arbeiten in Forschung und Entwicklung an Verbesserungen dieser Technologie.

Un troisième fait qui explique pourquoi le débat sur l’utilisation de l’énergie nucléaire connaît désormais une renaissance dans les médias est la politique énergétique d’autres pays comme la France, la Grande-Bretagne, le Japon, les États-Unis, la Chine, la Russie, pour ne citer que les plus importants. Ils utilisent l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité sans CO2 tout en respectant les objectifs de protection du climat. Et ils travaillent en recherche et développement pour améliorer cette technologie.

Zum Nachdenken über die Energie- und Klimaschutzpolitik in Deutschland im Kontext der drei Fakten drei Zitate von James Lovelock, anerkannter Wissenschaftler, Ökologe und Begründer des Gaia-Konzepts aus seinem Buch Gaias Rache (2007).

-Mein Beharren auf der Notwendigkeit von Kernenergie in diesem Buch resultiert daraus, dass es keine andere sichere und zuverlässige Alternative für die Produktion von Elektrizität in großem Maßstab gibt (S.103).

-Die virtuelle Supermacht Europas, Deutschland und Frankreich, nutzt das Beste beider Welten, wobei die französische Hälfte ganz nuklear und die deutsche ganz grün ist. Das wäre eine gute und vernünftige Lösung, wenn Deutschland nicht versuchen würde, das restliche Europa dazu zu bringen, seine Industrie zu unterstützen, indem wie ihre Windgeneratoren kaufen (S.152)

-Auf der Stelle brauchen wir sichere und zuverlässige Energiequellen, damit der Zivilisation nicht die Lichter ausgehen und wir uns gegen den steigenden Meeresspiegel wappnen können. Zur Kernspaltungsenergie gibt es keine Alternative, bis Energie aus der Kernfusion und aus vernünftigen erneuerbaren Quellen wirklich langfristig zur Verfügung steht. Atomkraft ist emissionsfrei und nicht von Importen aus einer in Unordnung geratenen Welt abhängig (S.218)

Pour réfléchir à la politique énergétique et climatique de l’Allemagne dans le contexte de ces trois faits, voici trois citations de James Lovelock, scientifique reconnu, écologiste et fondateur du concept de Gaia, tirées de son livre La vengeance de Gaia (2007).

Mon insistance sur la nécessité de l’énergie nucléaire dans ce livre résulte du fait qu’il n’existe aucune autre alternative sûre et fiable pour la production d’électricité à grande échelle (p.103).

– La superpuissance virtuelle de l’Europe, l’Allemagne et la France, utilise le meilleur des deux mondes, la moitié française étant entièrement nucléaire et la moitié allemande entièrement verte. Ce serait une bonne solution, si l’Allemagne n’essayait pas de faire en sorte que le reste de l’Europe soutienne son industrie en achetant ses éoliennes (p.152).

– Nous avons besoin immédiatement de sources d’énergie sûres et fiables pour que la civilisation ne s’éteigne pas et que nous puissions nous préparer à la montée du niveau de la mer. Il n’y a pas d’alternative à l’énergie de fission nucléaire tant que l’énergie issue de la fusion nucléaire et de sources renouvelables raisonnables ne sera pas réellement disponible à long terme. L’énergie nucléaire ne produit pas d’émissions et ne dépend pas des importations d’un monde en désordre (p.218).

Ein Fazit: „Kernkraft ist keine Bedrohung, sondern Teil der Lösung, um das Klima zu retten“,      so Rafael Grossi, Generaldirektor der Internationalen Atomenergie-Organisation (IAEA), FAZ vom 9.11.2021. Diese Position sollte uns in Deutschland zum Nachdenken, zur Abklärung der Fakten und Zusammenhänge und schließlich zum Handeln ermuntern. Wenigstens der Weiterbetrieb der sechs Anlagen sollte sine ira et studio in einem rationalen Dialog erörtert werden. Das vom bisherigen Bundestagspräsidenten initiierte Institut der deliberativen Demokratie, nämlich repräsentativ nach dem Zufallsprinzip zusammengesetzter Bürgerrat, könnte hierfür eine Plattform sein und eine Empfehlung erarbeiten. Es geht um existentielle Grundlagen für Beschäftigung und Wohlstand. Die Bürger und Bürgerinnen in einer solchen repräsentativen Versammlung an der Meinungsbildung über diese Grundsatzfrage zu beteiligen, liegt doch nahe.

Une conclusion : « L’énergie nucléaire n’est pas une menace, mais une partie de la solution pour sauver le climat », selon Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), FAZ du 9.11.2021. Cette position devrait nous encourager, en Allemagne, à réfléchir, à clarifier les faits et les contextes et enfin à agir. La poursuite de l’exploitation des six centrales devrait au moins être discutée sine ira et studio dans le cadre d’un dialogue rationnel. L’institut de la démocratie délibérative initié par l’ancien président du Bundestag, à savoir un conseil de citoyens composé de manière représentative et aléatoire, pourrait servir de plate-forme à cet effet et élaborer une recommandation. Il s’agit de bases existentielles pour l’emploi et la prospérité. Faire participer les citoyens et les citoyennes à la formation de l’opinion sur cette question fondamentale dans le cadre d’une telle assemblée représentative est une évidence.

Zum Nachdenken nochmals James Lovelock, diesmal aus seinem jüngsten Buch Novozän (2020):

Das Anthropozän begann, als wir die Kraft nutzten, die in Kohle und Sauerstoff gespeichert war, um Energie zu erzeugen. Aber das war keine nachhaltige Energiequelle, und so müssen wir heute dazu übergehen, zeitweise Kernkraft einzusetzen, bis es uns entweder gelingt, Solarenergie effizient zu gewinnen oder herauszufinden, wie wir den nahezu unbegrenzten Vorrat der Kernfusionsenergie nutzen können (S.67/68)

Mein Eindruck ist, dass eine an Fakten und Erkenntnissen orientierte ergebnisoffene Debatte in Deutschland eher gescheut wird. Dabei haben wir doch jetzt gerade bei dem Umgang mit der Corona-Pandemie gelernt, dass es zweckmäßig wäre, wenn die politischen Entscheidungsträger öfters die wissenschaftliche Expertise ernstnehmen würden. Unser Gesundheitssystem wäre nicht schon wieder am Limit, wenn auf die Kassandrarufe der Virologen gehört worden wäre. In der antiken Mythologie sah Kassandra immer das Unheil voraus, aber keiner schenkte ihr Gehör. Heute in der Moderne hört sich das so an: „es ist alles gesagt, und ich will nicht zum Papagei werden“ (Christian Drosten, Virologe).

A méditer encore une fois, James Lovelock, cette fois-ci tiré de son dernier livre Novocène (2020) :

L’anthropocène a commencé lorsque nous avons utilisé la force stockée dans le charbon et l’oxygène pour produire de l’énergie. Mais ce n’était pas une source d’énergie durable, et nous devons donc aujourd’hui en venir à utiliser temporairement l’énergie nucléaire jusqu’à ce que nous réussissions soit à produire efficacement de l’énergie solaire, soit à trouver comment utiliser les réserves presque illimitées d’énergie de fusion nucléaire (p.67/68).

J’ai l’impression qu’en Allemagne, on hésite plutôt à mener un débat ouvert sur la base de faits et de connaissances. Pourtant, nous venons d’apprendre, avec la gestion de la pandémie Corona, qu’il serait judicieux que les décideurs politiques prennent plus souvent au sérieux l’expertise scientifique. Notre système de santé ne serait pas à nouveau à bout de souffle si l’on avait écouté les Cassandre des virologues. Dans la mythologie antique, Cassandre prévoyait toujours le malheur, mais personne ne l’écoutait. Aujourd’hui, à l’époque moderne, cela ressemble à ceci : « tout a été dit, et je ne veux pas devenir un perroquet » (Christian Drosten, virologue).

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