Atelier Schéma de Développement Territorial de la Grande Région

« Appropriation des enjeux de long terme et discussion des alternatives possibles de trajectoires de développement territorial »

14 mai 2019, 10.00 – 17.00

Université de Liège (Campus Environnement) – Arlon (B)

Dans le cadre du projet Interreg « Schéma de Développement Territorial de la Grande Région » (SDTGR), devant permettre d’aboutir à un schéma partagé par l’ensemble des acteurs de la Grande Région, un atelier transfrontalier a réuni le 14 mai 2019 au Campus Environnement à Arlon quelque 70 experts issus de l’espace de coopération. Plusieurs membres de l’IGR étaient présents.

Cet atelier de travail avait eu pour but d’échanger sur la restitution du précédent atelier participatif du 28 novembre 2018. Il concernait l’appropriation du diagnostic territorial et la formulation d’enjeux transversaux développés dans les quatre cahiers rédigés par la Comité scientifique sur les quatre thématiques de diagnostics pré-identifiées pour la Grande Région : démographie, développement économique, mobilité et environnement.

Les discussions ont porté sur les alternatives possibles à propos des trajectoires de développement territorial par le biais d’une déclinaison à trois échelles de coopération : au niveau de la Grande Région, au niveau d’un espace métropolitain transfrontalier autour du Grand-Duché de Luxembourg et au niveau transfrontalier de proximité.

À l’issue des discussions au sein des trois groupes de travail (économie-environnement, démographie, mobilité), plusieurs pistes ont été avancées afin de stimuler l’innovation au sein de la Grande Région en identifiant, d’une part, les enjeux et les opportunités découlant des dynamiques de développement socio-économiques en cours et en définissant, d’autre part, une démarche intégrée transfrontalière en vue d’accroître l’attractivité et la compétitivité de l’espace de coopération.

Le projet Interreg SDTGR

Le projet SDTGR doit permettre d’aboutir à un Schéma de Développement Territorial partagé par l’ensemble des acteurs de la Grande Région afin de stimuler l’innovation au sein de la Grande Région, à travers notamment l’identification des enjeux et des opportunités qui découlent des dynamiques de développement socio-économiques en cours et de la définition d’une stratégie intégrée polycentrique et transfrontalière qui doit accroître l’attractivité et la compétitivité de la Grande Région.

Le projet s’inscrit dans l’objectif spécifique 8 – « renforcer les coopérations transfrontalières dans le domaine de la R+D en vue de faire de la Grande Région un territoire d’excellence » – du programme Interreg VA Grande Région. Il débutera le 1er janvier 2018 pour une durée de quatre ans. Le budget total estimé de ce projet est de 1 491 627,41€, dont 801 263,27€ de fonds FEDER.

Le partenariat du projet SDTGR se compose de 25 opérateurs, dont neuf disposant d’un budget. Il s’agit du Ministère du Développement durable et des Infrastructures – Département de l’aménagement du territoire, du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser), de l’Université de Liège, de l’Université libre de Bruxelles, de l’Université catholique de Louvain, d’Aix-Marseille Université, du Ministerium für Inneres, Bauen und Sport Saarland, du Ministerium des Inneren und für Sport Rheinland-Pfalz, de Moselle Attractivité,  de la Préfecture de région Grand Est, de la Région Grand Est, du Conseil départemental de la Meuse, du Conseil départemental de la Moselle, du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, de la Direction générale de l’Aménagement du territoire, du Logement, du Patrimoine et de l’Energie (DG04), d’IDELUX, de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Statec), d’EuRegio SaarLorLux + asbl, du réseau de villes QuattroPole, du GECT Alzette Belval, de l’Université de la Grande Région, du Regionalverband Saarbrücken, de la Struktur- und Genehmigungsdirektion Nord Koblenz, de la Planungsgemeinschaft Region Trier et de la Ville de Kaiserslautern.

La première action consiste dans la constitution d’un socle de connaissances partagé et d’un langage commun. Il s’agira d’établir sur base d’indicateurs socio-économiques et territoriaux des diagnostics permettant la spatialisation des problématiques, et d’aboutir à une série cartographique de présentations des risques et opportunités. Sur la base de ces résultats, la stratégie de développement territorial sera élaborée et des actions à mener pour assurer un volet opérationnel seront identifiées. Dans un souci d’aboutir à un résultat partagé, les travaux feront l’objet d’ateliers participatifs transfrontaliers réunissant les acteurs locaux et des experts thématiques afin de renforcer l’adhésion des acteurs de la Grande Région.

Le projet SDTGR travaille en coopération étroite avec les projets Interreg VA Grande Région UniGR – Center for Border Studies et MMUST (Modèle MUltimodal et Scénarios de mobilité Transfrontaliers) afin d’assurer une cohérence d’ensemble et un transfert de connaissance entre les acteurs scientifiques, institutionnels et opérationnels.

Objectif poursuivi par le Sommet de la Grande Région

 en matière de développement territorial

 

Depuis 2009, la Grande Région s’est dotée d’une stratégie de développement métropolitain à travers le concept de la région métropolitaine polycentrique transfrontalière (RMPT) confirmée, à l’issue de la Présidence lorraine du 13e Sommet lors de la réunion ministérielle du 17 mars 2013.

 

Elle a donné lieu à la production de trois documents : la dimension métropolitaine de la Grande Région, les projets de transport prioritaires, l’étude préparatoire au volet économie.

 

L’objectif est de créer un ensemble polycentrique de dimension métropolitaine capable de :

  • se mesurer avec les grandes métropoles européennes ;
  • positionner la Grande Région au sein de l’Europe afin de la rendre plus compétitive et plus attractive ;
  • contribuer à la reconnaissance de la Grande Région en tant qu’espace de coopération unique, commun et cohérent.

dimension-metropolitaine GR

projets-transport-prio-verkehrsprojekte-GR

 

 

Une première phase d’analyse de l’existant et de préconisations en 2016

Au début du 15e Sommet de la Grande Région (2015-2016), le Ministère luxembourgeois du Développement Durable et des Infrastructures, agissant pour le compte du Sommet de la Grande Région, a confié à un groupement, mandaté par l’Agape et rassemblant Scalen (ex-Aduan), l’Aguram, la Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT) et l’Université de Technologie de Kaiserslautern, une analyse transversale de documents stratégiques, afin d’en tirer un bilan et des préconisations susceptibles de réinterroger la méthode d’élaboration du SDT-GR.

Cette mission s’est déroulée en trois phases tout au long de l’année 2016 :

  • analyse transversale de documents stratégiques existants ;
  • analyse transversale des trois documents existants du SDT-GR ;
  • précision, voire adaptation, du contenu et de la méthode d’élaboration du SDT-GR.

 

Analyse transversale de documents stratégiques existants

Cette analyse a permis d’identifier des convergences, des divergences, mais aussi des opportunités pour l’élaboration du SDT-GR, autour de quatre principaux enseignements :

  • la spécificité de la question du développement économique, de plus en plus déconnecté des logiques territoriales. Des opportunités de collaboration ont été identifiées autour de deux champs : la logistique (éviter une « cannibalisation » des infrastructures) et le tourisme (développer l’image et l’attractivité de la Grande Région) ;
  • la notion complexe du développement territorial en Grande Région :l’aménagement du territoire appréhendé différemment de part et d’autre de la frontière, entre des documents-cadres tantôt prescriptifs, tantôt stratégiques et non contraignants. Il existe malgré tout un élément de convergence autour des aires métropolitaines, « brique de base » qui structure les différentes stratégies territoriales ;
  • la mobilité, une convergence à nuancer : si une convergence est incontestable autour des principes de la mobilité durable (ferroviaire, alternatives au mode routier), l’élaboration d’une stratégie grand-régionale reste tributaire des priorités nationales ;
  • l’amélioration des conditions de vie : les questions autour des effets induits par un fonctionnement métropolitain mal appréhendé (pression foncière et résidentielle, étalement urbain, phénomènes d’exclusion qu’ils entraînent) sont des préoccupations présentes dans tous les versants de la Grande Région, tout comme les questions liées au cadre de vie (fragmentation des espaces naturels, continuités écologiques, biodiversité, climat, énergie) et apparaissent comme autant d’enjeux.

 

Analyse transversale des trois documents existants du SDT-GR

La seconde phase de la mission consistait à mettre en regard les documents déjà produits dans le cadre du SDT-GR (dimension métropolitaine, projets de transport prioritaires, étude préparatoire au volet économie) aux éléments tirés de l’analyse précédente. Cette mise en regard a montré que si les aires métropolitaines constituent un élément de base, le SDT-GR doit tenir compte de l’actualisation des stratégies et doit davantage s’envisager comme un processus continu, mais doit aussi tenir compte de la spécificité des espaces non-métropolitains et développer une stratégie adaptée pour ces espaces. Cette analyse a, en outre, souligné la pertinence des travaux menés sur la priorisation des projets de transports, qui dans l’ensemble, visent à une meilleure connexion des trois ensembles métropolitains de la Grande Région (Nord Wallon, Axe Rhénan et espace polycentrique transfrontalier central).

Enfin, sur la question économique, si la logique de réseau est clairement partagée, l’analyse a révélé des divergences notables dans l’appréhension des secteurs prioritaires : alors que l’analyse des documents stratégiques fait ressortir la logistique et les activités récréatives (tourisme/loisirs/culture), l’étude préparatoire met en avant l’économie du vieillissement et les nouveaux matériaux.

 

Préconisations pour la suite de l’élaboration du SDT-GR

Cette phase a permis d’interroger près de 50 partenaires de la Grande Région et de recueillir leur vision et leurs attentes vis-à-vis du SDT-GR, autour des objectifs, de la nature, du contenu, du pilotage et de l’élaboration. Ces attentes ont été confrontées lors d’un séminaire avec le commanditaire et ont permis de retenir des pistes :

  • objectifs :un projet fédérateur pour la Grande Région, organiser l’espace métropolitain au cœur de la Grande Région, favoriser un rayonnement européen ;
  • nature : un document non contraignant, dont la forme reste à définir ;
  • contenu :un nombre restreint de thématiques ont été retenues (démographie et questions sociales, mobilité, développement économique, environnement-climat-énergie). Mais surtout, il convient de raisonner davantage en problématique qu’en thématique ;
  • pilotage/gouvernance :le Comité de Coordination du Développement Territorial (CCDT) demeure l’instance légitime pour le pilotage du SDT-GR, mais une concertation « à géométrie variable » est envisagée, en fonction des thématiques prioritaires.

Partant de ces conclusions, une nouvelle méthode d’élaboration du SDT-GR a été proposée, organisée autour de quatre modules :

  • compréhension :reconstituer un socle de connaissances partagées ;
  • vision stratégique :se doter d’un projet d’avenir commun ;
  • programme opérationnel :déterminer des actions prioritaires ;
  • Suivi et évaluation.

 

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