Les Brunchs de l’IGR #6 | Esch-sur-Alzette (L)

Maison de la Grande Région

Dialogue avec Jean Rottner,

président du Conseil régional Grand Est, premier adjoint au maire de Mulhouse

 

Points saillants des échanges

 

En préambule, Jean Rottner a tenu à exprimer sa grande émotion et son extrême  indignation face aux manifestations d’antisémitisme des derniers jours, en particulier la profanation du cimetière de Quatzenheim (sur un territoire – l’Alsace -où la communauté israélite est historiquement intégrée).

Il affirme son souci d’être « dans le vraie vie » et de dialoguer avec les citoyens. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a pris le TER Metz Luxembourg le matin à 6h45 pour échanger avec les frontaliers usagers de cette ligne.

Evoquant le mouvement des gilets jaunes, il souligne qu’au départ de ce mouvement, un profond malaise dans lequel tout le monde – élus et citoyens -a une responsabilité, s’est exprimé. Les réponses doivent être concertées, cohérentes, sur le moyen et long terme.

 

Les grand enjeux du Grand Est

  • l’emploi
  • le développement économique
  • la mobilité
  • la santé
  • la ruralité
  • l’envie et la fierté des habitants de vivre dans cette Région

 

Le rôle de la Région

Accompagner les projets des territoires dans un partenariat de proximité (rôle renforcé des 12 Maisons de la Région: guider, aider à monter des projets (soutien en ingénierie).

Deux illustrations :

– le plan THD Grand Est au travers duquel le partenariat de la Région avec  les départements et les intercommunalités a permis de substantielles économies d’échelle ;

– le plan Ardennes 2022 : la Région a souhaité s’associer à ce plan stratégique construit par l’Etat et le Conseil Départemental des Ardennes.

 

Les relations avec l’Etat

                Une conviction : la force des pouvoirs locaux qui doivent mettre en place, avec l’Etat une chaîne de valeurs.

Les relations avec l’Etat sont rétablies après une période de mépris des collectivités et de tensions.

 

Le droit à la différenciation des collectivités territoriales

                Ce n’est pas le droit à l’expérimentation (qui suppose, si le résultat est positif, une généralisation) mais une adaptation à la spécificité des territoires, à condition de partir de leur intérêt et de s’inscrire dans un projet et une vision stratégique de l’aménagement du territoire où l’action de chaque collectivité est en cohérence et en complémentarité avec celle des autres. C’est le cas pour l’Alsace et ce pourrait l’être pour la Moselle, à la condition que la prétention ne se réduise pas au simple fait de bénéficier du même statut que l’Alsace.

 

Les pôles métropolitains sur le territoire lorrain

Le tout nouveau Pôle Métropolitain Frontalier Nord Lorrain n’est pas une strate supplémentaire dans les collectivités françaises, mais un espace de dialogue entre intercommunalités et communautés d’agglomération de son périmètre afin de construire une stratégie partagée et porter des projets communs.

 

Le Pôle Métropolitain Européen du Sillon Lorrain doit aller plus loin dans certains domaines, en particulier celui des transports et de la mobilité (débouchés sud de la Lorraine, A 31, transports ferroviaires vers le Grand Duché de Luxembourg, ports de Moselle) en prenant davantage en compte les problématiques des axes ouest est.

Une réflexion est en cours sur la forme que pourrait prendre une contractualisation particulière entre le Sillon lorrain et  la Région Grand Est.

 

En réponse à une interpellation sur un récent article du Républicain Lorrain relatif à la perspective de non réalisation des travaux sur l’A 31 et un article du jour dans l’Essentiel exprimant l’inquiétude du Gouvernement du Grand Duché, Jean Rottner réaffirme avec force que ce projet doit être réalisé, à la condition que la 3e voie soit dédié aux transport en commun et au covoiturage.

 

Europe, Grande Région et coopération transfrontalière

 

                Europe

                Expression d’un souhait de stabilité en Europe, mais en la simplifiant, la rendant plus cohérente et plus lisible au quotidien (ce qui intéresse les citoyens).

               

                Grande Région

                La Grande Région dispose d’un organe exécutif (le Sommet) d’une grande maturité. Elle devrait s’élargir aux Ardennes (qui jouxtent la Wallonie qui est partie prenante de la Grande Région).

Les échanges entre le Grand Est et la Sarre qui vient de prendre la présidence du Sommet sont fréquents. Tobias Hans a proposé d’associer la Région Grand Est à l’exercice de la Présidence Sarroise (en particulier sur les thématiques de la jeunesse et des échanges).

Une réflexion est en cours sur l’opportunité de créer une Euro région.

 

                La coopération transfrontalière

                Le protocole de Matignon (création de la collectivité européenne unique d’Alsace) a institué le Préfet et le Président de Région comme responsables de la diplomatie de proximité.

Cela doit faciliter les choses, d’autant que la taille de la Région Grand Est lui donne une plus grande visibilité,  et cette subsidiarité est un levier pour faire changer le regard de Paris sur la dimension transfrontalière du Grand Est. Il faut  cependant garder en tête que le Luxembourg est un Etat.

Par ailleurs, la coopération avec la Wallonie doit être relancée.

 

Cette coopération doit être pensée à une échelle élargie et suppose de prendre des engagements politiques et stratégiques sur des sujets essentiels, dans une logique gagnant/gagnant qui ne peut être, vis à vis du  Grand Duché, l’exigence d’une rétrocession fiscale.

Quelques exemples pour  illustrer cette approche :

–  compte tenu des ressources existantes dans ce domaine d’excellence pour quoi ne pas envisager une vallée européenne de l’intelligence artificielle allant de Dunkerque à Bâle (incluant Hauts de France, Grande Région, Rhin Supérieur).

– la stratégie de co-développement avec le Grand Duché de Luxembourg (mission du Préfet de Région en association avec le Président du Grand Est) qui nécessite un cadre partagée à l’échelle de la Grande Région tant dans le domaine économique que celui de la formation (afin de sortir de la logique production/consommation de compétences surtout au bénéfice du Grand Duché).

Jean Rottner a regretté que l’Etat n’ait pas encore concrétisé les engagements pris à l’issue du séminaire inter gouvernemental France-Luxembourg le 20 mars 2018. Ceux-ci prévoyaient 120 millions d’euros d’investissement partagés sur dix ans dans le domaine des mobilités (parking relais, soutien au covoiturage).. La même absence d’engagement est aussi perceptible au niveau de la culture. Le président de la Région Grand Est aimerait voir l’Etat plus présent sur l’initiative « Esch 2022, capitale de la culture ».

– les ruralités dans la Grande Région (en réponse à une interrogation de Charles Henri Nothomb) qui doivent  s’organiser.

 

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